Le Niger a signé, le 20 août à Niamey, un partenariat public-privé avec Niger Electricity Power Production (NEPP) portant sur une centrale solaire de 200 MWc équipée d'un système de stockage par batterie, d'une valeur de 126 milliards de FCFA, soit environ 192 millions d'euros. Le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, qui préside le comité de négociation énergétique de l’État, a présidé la cérémonie de signature aux côtés du ministre de l’Énergie, Amadou Haoua. La NEPP est dirigée par Adamou Amadou Daouda.

Le contrat

La convention s'étend sur 20 ans selon un modèle « construction, exploitation et transfert » (BOT), la centrale revenant à l'État à l'issue de cette période. La production sera vendue à la NIGELEC au prix de 35 FCFA par kWh (environ 0,053 €/kWh). La NEPP prévoit une durée de construction de 24 mois, après six mois d’études complémentaires et de mobilisation des ressources. Le gouvernement table sur la création d’environ 1 300 emplois directs et indirects, permanents et temporaires. M. Sangaré a précisé que les négociations portaient également sur les exigences de performance, le transfert de compétences, la création d’emplois locaux et la durabilité des infrastructures. Sur la base des chiffres indiqués, le coût d’investissement s’élève à environ 630 millions de FCFA par MWc (environ 960 €), et le communiqué ne mentionne aucun prêteur ni aucune structure de financement.

La situation actuelle au Niger

Le 22 juillet, le ministre de l’Énergie a déclaré devant le Conseil consultatif de la Refondation que la puissance installée s’élevait à 420 MW, dont seulement 294 MW sont disponibles. Le parc se compose de 377 MW d’énergie thermique et de 43 MWc d’énergie solaire. Le déficit de 126 MW correspond aux délestages. L’énergie solaire représente 43 MWc de ce parc ; ce projet à lui seul représente donc plus de quatre fois l’ensemble des installations construites jusqu’à présent par le Niger. Historiquement, le Niger a toujours tiré plus de 80 % de sa consommation d’une seule ligne à haute tension en provenance du Nigeria, et les sanctions de la CEDEAO après 2023 ont mis en évidence le coût de cette dépendance.

Sa place dans le plan

Le taux d’accès à l’électricité s’élevait à 21,9 % à la mi-2026. Le gouvernement vise 60 % d’ici 2030 et 80 % d’ici 2035 dans le cadre de la stratégie nationale d’accès à l’électricité, répartie comme suit : 85 % d’extension du réseau, 10 % de solutions solaires individuelles et 5 % de mini-réseaux. Un programme distinct soutenu par la BAD prévoit 240 MW d’énergies renouvelables d’ici 2030. Le Niger a adopté un nouveau code de l’électricité en avril 2026 afin d’élargir la participation du secteur privé, dans la continuité du code de 2016 qui avait mis fin au monopole de la NIGELEC.

Ce que ça change

Pour les promoteurs et les EPC, le chiffre clé est de 35 FCFA/kWh, soit environ 0,053 €, pour le solaire avec stockage sur un marché sahélien enclavé. Quiconque soumissionne pour le contrat EPC doit respecter ce tarif dans le cadre d’un contrat BOT de 20 ans, sans prêteur déclaré ni apport en capital d’un sponsor identifié, dans un pays où l’historique de paiement du gestionnaire de réseau est compromis par un réseau dont 80 % des équipements ont été importés. C’est au cours de la phase d’étude et de mobilisation de six mois que ces conditions sont mises à l’épreuve, et c’est pendant cette période que le périmètre des contrats de sous-traitance est défini.

Sources : ANP, Nigerdiaspora, Nigerinfos