Financement

La Banque mondiale a débloqué 200 millions de dollars de fonds auparavant gelés afin de soutenir le programme solaire hors réseau du Nigeria. Cette décision fait suite à la décision de la Commission nigériane de régulation de l'électricité (NERC) de porter la limite de capacité des mini-réseaux à 10 MW et d'assouplir les conditions d'octroi des licences. Ce versement s’inscrit dans le cadre du projet DARES, d’un montant de 750 millions de dollars, et intervient après que le Nigeria a rempli quatre conditions liées à la performance. Le montant total des fonds engagés dépasse désormais 430 millions de dollars ; ce chiffre inclut les 200 millions de dollars récemment débloqués et un engagement antérieur de 243 millions de dollars. Il reste donc 320 millions de dollars disponibles pour être décaissés, alors que l’échéance de décembre 2028 approche et qu’il reste encore 11 millions de raccordements à réaliser.

Malgré cette étape importante, les progrès accusent toujours un retard par rapport au calendrier prévu. En juin, le programme DARES n’avait permis de mettre en service que 41,25 MW de capacité renouvelable, ce qui est bien en deçà de l’objectif de 465 MW. L’accès à l’électricité a été étendu à 5,3 millions de personnes, ce qui reste encore loin de l’objectif de 16,2 millions. Les systèmes solaires domestiques connaissent la croissance la plus rapide, avec 1,046 million d’unités déployées, mais ce chiffre représente moins de la moitié des 2,75 millions prévus. Les risques politiques et économiques, tels que les fluctuations monétaires et les réductions de subventions, continuent d’inciter les investisseurs à la prudence.

La prudence de la Banque mondiale fait suite à un exemple récent : en 2024, un financement de 717,7 millions de dollars au titre du Programme de relance du secteur de l’électricité a été annulé lorsque les étapes clés de la réforme n’ont pas été franchies. Le programme DARES est différent, car les fonds ont été débloqués, le Nigeria ayant rempli les conditions requises. Cependant, son succès dépend désormais des États. La régulation de l’électricité étant désormais gérée par 16 commissions d’État, l’Agence d’électrification rurale doit collaborer avec ces organismes régionaux pour combler le fossé.

Ce que cela signifie

Pour les promoteurs du secteur de l’énergie, les changements réglementaires au Nigeria permettent la mise en place de mini-réseaux de plus grande envergure, mais leur construction comporte toujours des risques. Pour les régulateurs publics, le transfert des responsabilités aux États signifie que leur capacité à gérer les projets est désormais cruciale. Pour les institutions financières de développement (IFD) et les banques, le déblocage des fonds témoigne d’une avancée, mais les risques politiques et économiques élevés impliquent qu’elles doivent faire preuve de prudence avant d’augmenter leurs investissements.

Funding

The World Bank has released $200 million in previously frozen funds to support Nigeria’s off-grid solar programme. This decision follows the Nigerian Electricity Regulatory Commission’s (NERC) decision to raise the capacity limit for mini-grids to 10 MW and to relax the licensing conditions. This disbursement is part of the $750 million DARES project and comes after Nigeria met four performance-related conditions. The total amount of funds committed now exceeds $430 million; this figure includes the $200 million recently released and a previous commitment of $243 million. This leaves $320 million still available for disbursement, as the December 2028 deadline approaches and 11 million connections still need to be made.

Despite this significant milestone, progress is still lagging behind the planned schedule. By June, the DARES programme had only brought 41.25 MW of renewable capacity online, which is well below the target of 465 MW. Access to electricity has been extended to 5.3 million people, which is still a long way from the target of 16.2 million. Domestic solar systems are growing at the fastest rate, with 1.046 million units installed, but this figure represents less than half of the 2.75 million planned. Political and economic risks, such as currency fluctuations and subsidy cuts, continue to prompt investors to exercise caution.

The World Bank’s caution follows a recent example: in 2024, $717.7 million in funding under the Electricity Sector Recovery Programme was cancelled when key reform milestones were not met. The DARES programme is different, as the funds have been released, having met the necessary conditions. However, its success now depends on the states. As electricity regulation is now managed by 16 state commissions, the Rural Electrification Agency must work with these regional bodies to bridge the gap.

What this means

For developers in the energy sector, regulatory changes in Nigeria are enabling the roll-out of larger-scale mini-grids, but their construction still carries risks. For public regulators, the transfer of responsibilities to the states means that their capacity to manage projects is now crucial. For development finance institutions (DFIs) and banks, the release of funds marks a step forward, but the high political and economic risks mean they must exercise caution before increasing their investments.

Sources :Sources: World Bank, Business Day, Nature News