Le taux d'accès à l'électricité au Ghana est l'un des plus élevés d'Afrique de l'Ouest, ce qui pourrait laisser penser que les opérateurs des secteurs commercial et industriel (C&I) ont moins de raisons de se tourner vers d'autres sources d'énergie que le réseau national que leurs homologues des pays voisins. Cependant, le segment du marché solaire C&I ghanéen commence à prendre son essor, avec une croissance plus rapide que celle du marché solaire dans son ensemble. Selon une analyse de Mordor Intelligence, les installations solaires C&I devraient continuer à progresser à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 39,24 % jusqu’en 2031, contre un TCAC de 37,42 % pour l’ensemble du marché.
La baisse des prix des modules photovoltaïques contribue à accroître la rentabilité du solaire C&I. Selon Mordor, la réduction des dépenses d'investissement raccourcit le délai de rentabilité des installations solaires sur toiture C&I dans les villes de Tema et de Kumasi, le faisant passer de sept à moins de cinq ans. L'Autorité ghanéenne de normalisation a également adopté plus de 100 normes photovoltaïques alignées sur les normes CEI, ce qui améliore la bancabilité. La rentabilité accrue favorisant de plus en plus l’autoproduction, les entreprises se tournent vers le solaire pour réduire leurs coûts d’exploitation à long terme.
Seth Twum-Akwaboah, directeur général de l’Association of Ghana Industries, a récemment appelé à un renforcement des investissements dans le solaire afin d’aider les entreprises à réduire leurs coûts énergétiques et à rester compétitives. S'exprimant le 26 août lors du lancement de la plateforme BisaConnect, une nouvelle place de marché en ligne dédiée au solaire, M. Twum-Akwaboah a déclaré que la hausse du coût de l'énergie restait l'une des principales préoccupations des entreprises ghanéennes.
Fluctuation des prix
Les prix de l’électricité peuvent être volatils au Ghana. La Commission de régulation des services publics (PURC) du pays a augmenté les tarifs de l’électricité de 9,86 % début 2026, avant que ceux-ci ne baissent de 4,81 % en avril. La dernière mise à jour de la PURC, entrée en vigueur le 1er juillet, a entraîné une hausse des tarifs de l’électricité de 3,49 % pour toutes les catégories de clients. La commission a précisé que cette révision tenait compte des variations du taux de change entre le cedi ghanéen et le dollar, de l’inflation, du mix énergétique et du coût du gaz naturel.
Les tarifs d’électricité actuels sont fixés à 1,75 GHS (0,16 $) par kWh pour les clients non résidentiels consommant entre 0 et 300 kWh par mois, et passent à 2,13 GHS (0,19 $) par kWh pour ceux consommant plus de 301 kWh par mois. La prochaine révision trimestrielle des tarifs par la PURC est prévue vers le mois d’octobre, mais les fluctuations des prix et la tendance générale à la hausse semblent inciter davantage d’entreprises à envisager le recours à l’énergie solaire, qui offre des coûts à long terme plus prévisibles.
Coupures de courant occasionnelles
Bien que le réseau électrique ghanéen soit relativement stable, il connaît néanmoins des coupures de courant et des fluctuations de tension régulières, en particulier aux heures de pointe et dans les zones rurales. Alors que la situation s’améliorait progressivement, le pays a été frappé fin juillet par une panne majeure de son réseau électrique national, qui a entraîné une coupure de courant à l’échelle nationale.
Le 23 août, la Compagnie d’électricité du Ghana a annoncé sept jours de coupures d’électricité programmées dans l’est et l’ouest d’Accra, dans la région d’Ashanti, à Tema et dans la région de l’Est, dans le cadre d’opérations de maintenance en cours visant à stabiliser l’approvisionnement en électricité. Ces coupures affectent naturellement les entreprises et restent un facteur clé poussant davantage de clients du secteur commercial et industriel à se tourner vers les systèmes solaires.
Projets phares
Le plus grand projet commercial et industriel (C&I) en service au Ghana est une installation photovoltaïque sur toiture de 16,82 MW qui alimente les entreprises opérant au sein de l’enclave de la zone franche de Tema, dans la région du Grand Accra. Il a été développé par le conglomérat ghanéen LMI Holdings, avec le soutien financier de la Société financière internationale (SFI).
L’IFC soutient actuellement Solar for Industries Ltd (SFI), une filiale de LMI Holdings, dans le développement d’une capacité photovoltaïque pouvant atteindre 150 MW dans les zones franches de Tema et la zone industrielle de Dawa. L’électricité produite devrait alimenter plus de 100 entreprises issues des secteurs de la transformation alimentaire, du ciment, de la sidérurgie, du textile et de l’industrie légère. L’objectif de 150 MW est prévu en deux phases, dont la première, d’une capacité de 100 MW, devrait être achevée en octobre de cette année. LMI a précédemment indiqué vouloir porter la capacité solaire à 1 GW d’ici 2032, ce qui laisse présager l’annonce d’autres projets à grande échelle à l’avenir.
Au-delà des projets de plus grande envergure, un segment C&I plus conventionnel se développe, comprenant des installations photovoltaïques sur toiture et « behind-the-meter » (en aval du compteur) au service d’hôpitaux, d’hôtels, d’entreprises de télécommunications et d’établissements d’enseignement. Parmi les exemples récents, on peut citer une installation « behind-the-meter » de 2,55 MW sur le site de production de Nestlé Ghana à Tema, qui aurait été mise en service en juin.
Cadre de facturation nette
Le dispositif de facturation nette du Ghana offre également une opportunité intéressante aux clients du secteur C&I. Il s'agit d'un mécanisme de facturation qui permet aux consommateurs disposant d'installations solaires raccordées au réseau d'exporter leur surplus d'électricité vers le réseau de distribution, grâce à un compteur intelligent bidirectionnel enregistrant l'électricité importée du réseau et celle exportée vers celui-ci.
Le dispositif autorise actuellement des installations photovoltaïques d’une puissance maximale de 500 kWc par client, ce qui le rend pertinent pour un large éventail d’utilisateurs commerciaux et industriels. L’électricité exportée est créditée en kWh sur la consommation prélevée sur le réseau, plutôt que d’être versée en espèces, ce qui signifie que le dispositif est principalement conçu pour réduire les coûts d’électricité. Il est donc particulièrement adapté aux entreprises ayant une forte demande en électricité pendant la journée, qui peuvent ainsi maximiser leur consommation d’électricité solaire sur site tout en bénéficiant de crédits pour toute production excédentaire.
Le gouvernement s'est efforcé de faciliter la participation à ce programme grâce au Programme de développement des énergies renouvelables (SREP). En décembre 2025, le ministère de l’Énergie et de la Transition verte ainsi que la Commission de l’énergie ont lancé un portail de candidature en ligne dédié au programme de facturation nette, permettant aux ménages, aux entreprises, aux industries et aux institutions publiques de demander des compteurs intelligents et de suivre l’état d’avancement de leur dossier. Le programme vise 12 000 systèmes de facturation nette, dont plus de 10 900 installations destinées aux particuliers, aux PME et au secteur privé.
Le programme prévoit également une aide financière pour les petites entreprises. Selon le site web dédié au comptage net du SREP, les PME peuvent bénéficier d’une subvention de 665 dollars, contre 730 dollars pour les ménages.
Ce que cela signifie
l’accélération du marché C&I au Ghana représente une opportunité significative pour les développeurs et distributeurs solaires régionaux, d’autant plus que les délais de rentabilité de l’énergie solaire se réduisent et que la volatilité du réseau crée une nouvelle urgence. Les fabricants d’équipements peuvent quant à eux tirer profit de la demande croissante en systèmes installés sur les toits et en aval du compteur.
The rate of access to electricity in Ghana is one of the highest in West Africa, which might suggest that commercial and industrial (C&I) operators have less reason to turn to energy sources other than the national grid than their counterparts in neighbouring countries. However, Ghana’s C&I solar market segment is beginning to take off, growing at a faster rate than the solar market as a whole. According to an analysis by Mordor Intelligence, C&I solar installations are expected to continue growing at a compound annual growth rate (CAGR) of 39.24 per cent until 2031, compared with a CAGR of 37.42 per cent for the market as a whole.
Falling prices for photovoltaic modules are helping to boost the profitability of C&I solar. According to Mordor, lower capital expenditure is shortening the payback period for C&I rooftop solar installations in the cities of Tema and Kumasi, reducing it from seven to less than five years. The Ghana Standards Authority has also adopted more than 100 photovoltaic standards aligned with IEC standards, which improves bankability. As increased profitability makes self-generation an increasingly attractive option, businesses are turning to solar power to reduce their long-term operating costs.
Seth Twum-Akwaboah, Director-General of the Association of Ghana Industries, recently called for increased investment in solar power to help businesses reduce their energy costs and remain competitive. Speaking on 26 August at the launch of the BisaConnect platform, a new online marketplace dedicated to solar power, Mr Twum-Akwaboah stated that rising energy costs remained one of the main concerns for Ghanaian businesses.
Price fluctuations
Electricity prices can be volatile in Ghana. The country’s Public Utilities Regulatory Commission (PURC) increased electricity tariffs by 9.86 per cent in early 2026, before they fell by 4.81 per cent in April. The PURC’s latest update, which came into effect on 1 July, led to a 3.49 per cent increase in electricity tariffs for all customer categories. The commission stated that this revision took into account fluctuations in the exchange rate between the Ghanaian cedi and the US dollar, inflation, the energy mix and the cost of natural gas.
Current electricity tariffs are set at 1.75 GHS ($0.16) per kWh for non-residential customers consuming between 0 and 300 kWh per month, rising to 2.13 GHS ($0.19) per kWh for those consuming more than 301 kWh per month. The next quarterly tariff review by the PURC is scheduled for around October, but price fluctuations and the general upward trend appear to be prompting more businesses to consider switching to solar power, which offers more predictable long-term costs.
Occasional power cuts
Although Ghana’s electricity grid is relatively stable, it nevertheless experiences regular power cuts and voltage fluctuations, particularly at peak times and in rural areas. Whilst the situation was gradually improving, the country was hit at the end of July by a major failure of its national electricity grid, which resulted in a nationwide power cut.
On 23 August, the Ghana Electricity Company announced seven days of scheduled power cuts in eastern and western Accra, the Ashanti Region, in Tema and in the Eastern Region, as part of ongoing maintenance operations aimed at stabilising the electricity supply. These cuts naturally affect businesses and remain a key factor driving more commercial and industrial customers to turn to solar systems.
Flagship projects
The largest commercial and industrial (C&I) project currently operational in Ghana is a 16.82 MW rooftop photovoltaic installation that supplies power to businesses operating within the Tema Free Zone enclave in the Greater Accra Region. It was developed by the Ghanaian conglomerate LMI Holdings, with financial support from the International Finance Corporation (IFC).
The IFC is currently supporting Solar for Industries Ltd (SFI), a subsidiary of LMI Holdings, in the development of up to 150 MW of solar capacity in the Tema Free Zones and the Dawa Industrial Zone. The electricity generated is expected to power more than 100 businesses in the food processing, cement, steel, textile and light manufacturing sectors. The 150 MW target is planned in two phases, the first of which, with a capacity of 100 MW, is expected to be completed in October this year. LMI has previously indicated its intention to increase solar capacity to 1 GW by 2032, which suggests that further large-scale projects may be announced in the future.
Alongside these larger-scale projects, a more conventional C&I segment is developing, comprising rooftop and ‘behind-the-meter’ photovoltaic installations (behind the meter) serving hospitals, hotels, telecommunications companies and educational institutions. Recent examples include a 2.55 MW ‘behind-the-meter’ installation at Nestlé Ghana’s production site in Tema, which is reported to have been commissioned in June.
Net metering framework
Ghana’s net metering scheme also offers an attractive opportunity for C&I sector customers. This is a billing mechanism that allows consumers with grid-connected solar installations to feed their surplus electricity back into the distribution network, using a bidirectional smart meter that records both the electricity imported from the grid and that exported to it.
The scheme currently permits photovoltaic installations with a maximum capacity of 500 kWp per customer, making it suitable for a wide range of commercial and industrial users. The electricity fed into the grid is credited in kWh against the electricity consumed from the grid, rather than being paid out in cash, which means the scheme is primarily designed to reduce electricity costs. It is therefore particularly well-suited to businesses with high electricity demand during the day, which can thus maximise their on-site solar electricity consumption whilst benefiting from credits for any surplus generation.
The government has sought to facilitate participation in this programme through the Renewable Energy Development Programme (SREP). In December 2025, the Ministry of Energy and the Green Transition, together with the Energy Commission, launched a dedicated online application portal for the net metering programme, enabling households, businesses, industries and public institutions to apply for smart meters and track the progress of their applications. The programme targets 12,000 net metering systems, including more than 10,900 installations for private individuals, SMEs and the private sector.
The programme also provides financial support for small businesses. According to the SREP’s net metering website, SMEs are eligible for a grant of $665, compared with $730 for households.
What this means
the acceleration of the C&I market in Ghana represents a significant opportunity for regional solar developers and distributors, particularly as the payback periods for solar energy are shortening and grid volatility is creating a new sense of urgency. Equipment manufacturers, for their part, can capitalise on the growing demand for rooftop and off-grid systems.
Sources :Sources: Mordor Intelligence, Public Utilities Regulatory Commission, Scaling-Up Renewable Energy Programme
