Partout en Afrique, les générateurs diesel comblent depuis longtemps les lacunes d’une infrastructure de réseau électrique peu fiable. Les particuliers et les entreprises s’en servent comme source d’alimentation d’appoint ou alternative, mais les coûts sont souvent élevés. Selon une analyse de l’Energy for Growth Hub, l’électricité produite par les générateurs diesel coûte généralement trois à cinq fois plus cher que celle du réseau électrique en Afrique subsaharienne. Alors que les coûts de l’énergie solaire et du stockage s’effondrent, le stockage par batterie semble en passe de remplacer les générateurs diesel et d’offrir une alternative moins coûteuse et plus propre.

En effet, un rapport récent d’Ember et de l’Africa Tech Futures Lab qualifie les batteries de « nouveaux générateurs diesel », soulignant que cette technologie est de plus en plus considérée comme une infrastructure fondamentale, indispensable pour garantir un accès constant à l’énergie à mesure que les énergies renouvelables se développent.

Importations de batteries à grande échelle

L’évolution des flux d’importation en Afrique montre à quelle vitesse les batteries deviennent une infrastructure essentielle. Le rapport d’Ember et de l’Africa Tech Futures Lab a révélé que, tandis que la valeur des importations de panneaux solaires en Afrique a doublé depuis 2024, celle des importations de batteries a quadruplé sur la même période.

Le Nigeria arrive en tête des importations africaines de batteries au lithium, avec environ 750 millions de dollars au cours des douze mois précédant juin 2026, soit plus du double de ses 300 millions de dollars d’importations de panneaux solaires. Ember et l’Africa Tech Futures Lab attribuent cette évolution au fait que les ménages et les entreprises remplacent les générateurs diesel par des systèmes de stockage par batterie pendant les heures de délestage.

L’Afrique du Sud se classe en deuxième position avec près de 550 millions de dollars d’importations de batteries. Elle constitue le plus grand marché africain du stockage d’énergie par batterie pour les projets opérationnels, ayant adopté ces systèmes plus tôt que la plupart de ses voisins en réponse aux délestages.

La République démocratique du Congo suit avec plus de 400 millions de dollars, les importations de batteries dépassant là aussi celles du solaire. Dans ce pays, les importations de batteries sont liées à des programmes « solaire + stockage » fonctionnant 24 heures sur 24 dans les mines de cuivre afin de remplacer le diesel, selon Ember et l’African Tech Futures Lab.

Les 15 pays africains vers lesquels se dirigent les exportations chinoises de batteries dont la valeur est la plus élevée sont l’Égypte, le Mali, le Kenya, le Maroc, le Zimbabwe, la Zambie, l’Ouganda, le Soudan, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Algérie et le Tchad. Parmi ceux-ci, le Mali, le Zimbabwe, l’Ouganda et le Tchad importent actuellement davantage de batteries que de panneaux solaires en valeur.

Baisse des coûts

L'évolution des prix continue de renforcer l'intérêt du stockage par batterie. Selon l'étude de Bloomberg NEF sur les prix des batteries lithium-ion à l'horizon 2025, les prix des packs de batteries ont baissé de 8 % en 2025 pour atteindre un niveau historiquement bas de 108 $/kWh, après une baisse plus marquée de 20 % en 2024, année où les prix sont passés de 139 $/kWh à 115 $/kWh. Depuis 2010, les prix des packs de batteries ont chuté de 93 %, passant de 1 474 dollars/kWh, après ajustement en dollars de 2025.

Bien que le rythme de cette baisse s’atténue en raison de la hausse des prix des matières premières, BloombergNEF prévoit que les prix passeront sous la barre des 105 $/kWh en 2026.

Les implications économiques sont considérables. Les milliards investis dans les importations de batteries témoignent de la confiance des investisseurs dans l’avenir des énergies renouvelables en Afrique, tout en mettant en évidence la dépendance du continent vis-à-vis de l’industrie manufacturière chinoise.

À mesure que les coûts continueront de baisser, des opportunités pourraient émerger en matière d’assemblage local et de création de valeur. Le recours aux batteries permet également de contourner la volatilité géopolitique des marchés des carburants, où les chocs sur les prix du diesel peuvent déstabiliser les économies.

Vers des réseaux distribués

Le passage du diesel au stockage par batterie représente un réajustement fondamental dans la manière dont l’Afrique aborde l’indépendance énergétique. Plutôt que d’attendre l’extension d’un réseau centralisé qui, bien souvent, ne parvient pas à desservir les communautés rurales et isolées, le stockage par batterie peut aider les pays africains à mettre en place des systèmes énergétiques locaux et distribués.

Dans leur rapport, Ember et African Tech Futures Lab expliquent que les batteries et l’énergie solaire « permettront aux pays africains de passer directement à un nouveau réseau distribué, sans avoir à construire un vaste réseau national. »

« La majeure partie de la production d’électricité peut avoir lieu là où elle est consommée, de jour comme de nuit – soit directement sur les toits, soit intégrée à l’échelle du MW (au lieu de l’échelle du GW) dans le réseau local », explique le rapport. « Seul un petit réseau est alors nécessaire pour aider à équilibrer l’offre et la demande. »

Cette démocratisation de l’accès à l’énergie a le potentiel de dynamiser l’activité économique et d’apporter l’électricité à des millions de personnes à travers le continent. Le rapport d’Ember et de l’African Tech Futures Lab souligne que cette transition a déjà commencé, indiquant que la question n’est plus de savoir si les batteries remplaceront les générateurs diesel, mais à quelle vitesse et dans quelle mesure cette transition s’opérera.

Ce que cela signifie

Le déploiement accéléré du stockage par batterie en Afrique a des implications immédiates. Les développeurs d’énergies renouvelables pourraient tirer profit d’un marché en quête de systèmes solaires distribués associés à un stockage, en particulier dans les zones hors réseau et mal desservies. Les fournisseurs d’équipements et les installateurs devraient connaître une demande croissante, mais aussi subir une pression pour localiser l’assemblage et réduire encore davantage les coûts.

Les décideurs politiques sont confrontés à des défis réglementaires, notamment celui de garantir le respect des normes de qualité et de sécurité et de gérer un réseau qui évolue d’un modèle centralisé vers un modèle distribué. Les batteries que l’Afrique importe aujourd’hui jettent les bases de systèmes énergétiques qui seront fondamentalement différents de ceux des autres régions du monde.

Across Africa, diesel generators have long filled the gap left by unreliable grid infrastructure. Homeowners and businesses rely on them as backup or alternative power but the costs are often significant. According to analysis by the Energy for Growth Hub, electricity from diesel generators typically runs three to five times more expensive than grid power across sub-Saharan Africa. As solar and storage costs plummet, battery storage appears positioned to take the place of diesel generators and offer a cheaper, cleaner alternative.

In fact, a recent report from Ember and Africa Tech Futures Lab referred to batteries as “the new diesel generator”, highlighting that the technology is being increasingly treated as core infrastructure essential to keeping energy access consistent as renewables scale.

Large-scale battery imports

Africa's shifting import patterns reveal how quickly batteries are becoming essential infrastructure. Ember and Africa Tech Futures Lab’s report found that while the value of solar panel imports into Africa has doubled since 2024, the value of battery imports has quadrupled over the same time period.

Nigeria leads Africa in lithium battery imports at around $750 million in the twelve months to June 2026, more than double its $300 million in solar panel imports. Ember and African Tech Futures Lab attribute this to households and businesses substituting battery storage for diesel generators during loadshedding hours.

South Africa ranks second at nearly $550 million in battery imports. It is Africa's largest battery energy storage market for operational projects, having adopted these systems earlier than most neighbours in response to loadshedding.

The Democratic Republic of Congo follows at over $400 million, with battery imports also outpacing solar. Here, battery imports are linked to 24-hour solar-plus-storage schemes at copper mines to replace diesel, Ember and African Tech Futures Lab says.

The 15 countries in Africa with the highest value of Chinese battery exports are Egypt, Mali, Kenya, Morocco, Zimbabwe, Zambia, Uganda, Sudan, Senegal, Cote d’Ivoire, Algeria and Chad. From this list, Mali, Zimbabwe, Uganda and Chad are currently importing a larger value of batteries than solar panels.

Falling costs

Price economics continue to strengthen the case for battery storage. According to Bloomberg NEF's 2025 lithium-ion battery price survey, pack prices dropped 8% in 2025 to a record low of $108/kWh, following a steeper 20% decline in 2024, when prices fell from $139/kWh to $115/kWh. Since 2010, battery pack prices have fallen 93%, from $1,474/kWh, when adjusted for 2025 dollars.

Though the rate of decline is moderating due to rising raw material prices, BloombergNEF forecasts prices will dip below $105/kWh in 2026.

These economic implications are substantial. Billions flowing into battery imports signal investor confidence in Africa's renewable energy future, whilst also exposing the continent's reliance on Chinese manufacturing.

As costs decline further, opportunities may emerge for local assembly and value creation. Battery adoption also sidesteps the volatile geopolitics of fuel markets, where diesel price shocks can destabilize economies.

Towards distributed grids

The shift from diesel to battery storage represents a fundamental realignment in how Africa approaches energy independence. Rather than waiting for centralized grid expansion that often fails to reach rural and remote communities, battery storage can help African countries build local, distributed energy systems.

In their report, Ember and African Tech Futures Lab explain that batteries and solar will “enable African countries to leapfrog to a new distributed grid, skipping the need to build a large national grid.”

“The majority of electricity generation can be where it is used, day and night – either on rooftops directly, or embedded in MW scale (instead of GW scale) in the local grid,” the report explains. “Only a small grid is then needed to help balance supply and demand.”

This democratisation of energy access has the potential to unlock economic activity and bring electricity access to millions across the continent. Ember and Africa Tech Futures Lab’s report highlights that this transition has already begun, indicating that the question is no longer whether batteries will replace diesel generators, but how quickly and completely the transition unfolds.

What is means

Africa’s accelerated rollout of battery storage brings immediate implications. Renewable developers may benefit from a market seeking out distributed solar-plus-storage systems, particularly in off-grid and underserved areas. Equipment suppliers and installers will likely see growing demand, but perhaps also pressure to localise assembly and drive down costs further.

Policymakers face regulatory challenges, including ensuring quality and safety standards are met and managing a grid that evolves from centralised to distributed. The batteries Africa is importing today are laying the groundwork for energy systems that will look fundamentally different from those in other parts of the world.

Sources :Sources: Ember, Africa Tech Futures Lab, BloombergNEF, Energy for Growth Hub